« Anna et l’homme-hirondelle » de Gavriel Savit

Titre : Anna et l’homme-hirondelle

Auteur : Gavriel Savit

Éditions : Seghers

Publication : 2017

Pages : 250

Prix : 18€50


Résumé :

« 6 novembre 1939, Cracovie. 
Un million de soldats en marche et mille chiens aboyeurs, un endroit de peur et de froid où il ne fait pas bon grandir. 
Anna a sept ans quand son père, professeur à la faculté, se rend à une convocation des autorités allemandes, puis disparaît. 
Seule et à la rue, Anna rencontre alors l’Homme-Hirondelle, un grand et étrange personnage qui parle toutes les langues – même l’oiseau. D’instinct, elle est prête à lui confier sa vie. 
Avec des mots et des images simples, il lui explique la guerre. Comment y survivre. Un long voyage va commencer pour eux, à travers champs et forêts, pour échapper aux forces nazies et soviétiques. 
Mais dans un monde devenu fou, tout peut se révéler dangereux. Et l’Homme-Hirondelle aussi… »
« Comme La voleuse de livres et Le garçon au pyjama rayé, il est impossible de ne pas aimer ce livre. »
The Guardian

Mon avis :

Dans ce livre, nous suivons Anna, une jeune fille dont le père est déporté au début de la guerre. Seule, cette dernière fait la rencontre d’un homme étrange, grand et qui sait parler aux oiseaux. Ému par l’enfant, l’homme décide alors de la prendre sous son aile durant la guerre. Surnommé Monsieur Hirondelle, il apprend à Anna à survivre mais aussi à apprécier la vie qui l’entoure, ce qui est complexe en temps de guerre. Les deux compatriotes voyagent à travers l’Europe de l’Est pour ne pas être « trouvés ». Ils y font des rencontres, des découvertes, mais surtout ils vivent et survivent.

« En temps de paix, il arrive que vos désirs deviennent réalité. En temps de guerre, jamais. »

Ce livre m’a bouleversée. Pour être honnête je ne m’attendais aucunement à ce qu’il soit si fort. Dans « Anne et l’homme-hirondelle », on plonge dans un monde cruel et poétique, musical et silencieux ainsi que tendre et cruel. Car Monsieur hirondelle prend soin d’Anna comme de sa fille malgré la succession de tragédies aux quelles ils font face. Il éveil l’enfant à travers de magnifiques métaphores sur la vie. Il lui explique la guerre et ses dangers avec des mots empreints d’onirisme et d’une simplicité déconcertante. Aux côtés de cet homme étrange, Anna, bien que déjà quasiment polyglotte, apprend à parler une nouvelle langue : « le route ». Cette langue est celle de la survie. Celle qui sait manier la vérité pour en créer une nouvelle. Malgré la guerre qui les entourent, Anne et Monsieur hirondelle continuent d’apprécier la vie.

Mais la folie finit tout de même par prendre le dessus, mettant en danger ce somptueux duo. Au fur et à mesure de l’histoire, chacun peut interpréter les images décrites par l’auteur à sa façon. C’est le cas pour cette descente aux enfers qui peut être comprise de différentes façons mais qui saura toujours émouvoir le lecteur.

« Chercher à comprendre le monde sans l’aide des enfants, c’est comme chercher à faire du pain sans levure. »

Je crois que j’ai aimé ce livre car chacune des métaphores énoncées par Monsieur hirondelle et l’auteur laissait libre cours à mon imagination. Je ne pense pas avoir compris toutes les subtilités de cette histoire, mais le peux que j’ai assimilé était absolument sublime.

« Anna et l’homme-hirondelle » est donc un livre où la folie et la magie se côtoient : voir la beauté des choses, même dans l’horreur n’est pas donné à tout le monde. J’ajouterais que l’errance de ces deux personnages hétéroclites en dit long sur la force des liens qui peut unir les hommes.

« C’était toujours un mystère pour elle qu’au coeur de cette incommensurable horreur, le monde puisse s’autoriser à se lever sur un jour chaud, lumineux et splendide. »

Je reste néanmoins très déçut de la fin ouverte, qui à mes yeux, n’est pas à la hauteur de l’ensemble du livre… Face à un incipit emplit de poésie, une histoire bouleversante et des personnages attachants, la fin ne me semble pas cohérente.

Ce détail n’en est pas un à mes yeux car il m’arrache un énorme coup de coeur. Tout était parfait, et voila que les dernières pages sont précipitées et très vagues : de quoi fermer le livre sur un mauvaise note et frôler le coup de coeur sans l’atteindre…

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