« L’événement » d’Annie Ernaux : un écrit accessible qui saisi le tabou pour dire l’avortement clandestin

Titre : L’événement

Autrice : Annie Ernaux

Éditions : Folio

Publication : 29 août 2001

Genre : Roman contemporain, Témoignage

Thèmes : Avortement clandestin, IVG, Féminisme, Témoignage, Autobiographie

Pages : 132

Prix : 6€60


Résumé :

« Depuis des années, je tourne autour de cet événement de ma vie. Lire dans un roman le récit d’un avortement me plonge dans un saisissement sans images ni pensées, comme si les mots se changeaient instantanément en sensation violente. De la même façon, entendre par hasard La javanaise, J’ai la mémoire qui flanche, n’importe quelle chanson qui m’a accompagnée durant cette période, me bouleverse. »


Mon avis :

Récit intimiste, « L’événement » convoque une écriture directe et vive par son synthétisme. Fort de ses partis pris, ce roman dit l’avortement avant le droit à l’IVG et comment ce bouleversement intime à traversé la vie de son autrice : Annie Ernaux. Une lecture importante qui se détache du tabou pour offrir un texte percutant, par le réel.

« L’événement » plonge son lectorat en 1963, bien avant la dépénalisation de l’avortement. Annie Ernaux est alors étudiante quand elle apprend être enceinte. Sans hésiter, elle souhaite avorter… Face à la loi qui interdit et punit cet acte, la jeune femme n’a d’autre choix que d’espérer trouver une faiseuse d’anges, une solution abortive, et ce, de façon clandestine.

À la fois personnage principal et commentatrice, Annie Ernaux offre un récit construit sur une alternance entre la retranscription des faits et un éclairage historique et social de la condition féminine. A travers ces deux facettes narratives, elle délivre un témoignage réaliste et poignant, qui relate l’avortement dans son réalisme brut ainsi que la nécessité de pouvoir disposer de son propre corps.

Dans ce court roman, le langage se veut accessible, détaché de son caractère dominant sur le lecteur. C’est même là l’unicité du texte. Annie Ernaux n’use point de métaphores pour imager son propos se révélant pourtant cru par moment. En commentant sa propre histoire, Annie Ernaux se détache d’une narration pathétique pour offrir une analyse aiguisée et contextualisée de son avortement clandestin. Sans filtre elle décrit sa solitude, son désarroi : elle raconte de façon clinique et sans fausse pudeur son vécu.

« L’événement » est une lecture saisissante, qui ne se veut pas biographique mais plutôt reflet d’une époque. Car comme à son habitude, Annie Ernaux esquisse un questionnement investissant le statu social et la notion de classes ; dégageant ainsi un portrait de la société des années 60 et de ses femmes.

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s