« Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines » : une fantasy queer, francophone et empreinte de thématiques essentielles signée Lydie Tabarin

Titre : Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines

Autrice : Lydie Tabarin

Éditions : Hachette Romans

Publication : 24 janvier 2024

Genre : Roman Young Adult Fantasy

Thèmes : Poison, thé, savoir-faire, enquête

Pages : 400

Prix : 20€


Résumé :

Dans le néo-royaume d’Etheros, maintenir les apparences est crucial. 
Les familles De Mora et Rodrigues, qui excellent dans l’art de confectionner du thé grâce au pouvoir qu’elles dissimulent, ne le savent que trop bien. Reconnues et respectées par tout le pays, y compris par le palais royal, les deux familles se mènent une guerre acharnée pour déterminer laquelle réalise la meilleure composition. Héritières de cette rivalité toxique, Isabel De Mora et Andarina Rodrigues n’aspirent qu’à une chose : surpasser l’autre et devenir une confectionneuse de renom. 
Le quotidien des deux jeunes femmes se corse le jour où la reine meurt empoisonnée par du thé, dans le plus grand secret et que les regards de la cour entière se tournent vers elles…


Mon avis :

Fantasy où se mêlent enjeux politiques et romance slow burn, « Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines » s’illustre par son système magique ingénieux, en résonance directe à des thématiques essentielles. Lydie Tabarin offre un premier roman incarné, éclatant par la représentation qui y prend corps. Si le découpage narratif comporte quelques imperfections, l’ambiance et les personnages font de cette lecture une belle découverte !

« Les fleurs les plus dangereuses n’ont pas d’épines » propose une immersion dans un univers de fantasy olfactif et gustatif au sein duquel la confection de thé s’établie comme le point névralgique d’une large intrigue. Construite autour d’une enquête et de révélations, la narration suit plusieurs points de vue.

Isabelle De Mora et Andarina Rodrigues sont héritières d’une rivalité toxique entretenues par leurs familles respectives – toutes deux confectionneuses de thés. Les deux jeunes femmes se détestent et n’aspirent qu’à surpasser l’autre. Mais lorsque la reine meurt empoissonnée par du thé, c’est l’ensemble de la cour qui se tourne vers elles… Pour s’innocenter, elles n’ont d’autre choix que de coopérer pour sauver ce qu’elles ont de plus cher…

Vibrante par les relations humaines qui y sont développées, l’histoire est véritablement pimentée par l’animosité que se portent les personnages principaux. Presque immature, cette relation offre son lot de quiproquos et de scènes délicieuses, où la répartie s’illustre par d’excellentes joutes verbales.

Quelques petites faiblesses imprègnent ce roman telles que la mise en corrélation des points de vues… D’autre part, la romance queer met du temps à prendre corps, bien qu’elle ajoute une légère tension à la narration, elle ne semble pas s’illustrer avec une puissance à la hauteur de ses personnages…

L’interêt de ce texte réside dans l’ensemble des facettes qui s’attachent à la fabrication du thé. Cette confection s’établie comme un héritage puissant au sein des familles De Mora et Rodrigues. L’art dépasse la notion de savoir-faire pour s’inscrire dans un système magique habile et fascinant… Une lecture qui brille par ses thématiques telles que la colonisation, l’héritage culturel, la non-binarité, et la finesse de leur traitement.

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