
Titre : La cabane
Auteur : Ludovic Lecompte
Éditions : L’école des loisirs
Collection : Médium +
Publication : 17 janvier 2024
Genre : Roman jeunesse contemporain
Thèmes : Syndrome de la cabane, Maladie mentale, éco-anxiété, adolescence, Famille, Psychologie, Amitié
Pages : 105
Prix : 12€
Résumé :
14 Mai. Un jour exceptionnel pour moi.
À condition de réussir, d’aller jusqu’au bout.
Dans deux heures
il faudra poser la main sur la poignée de la porte
l’ouvrir
franchir le seuil
traverser le jardin
dépasser le portillon
faire quelques pas sur le trottoir
demi-tour
rentrer.
Alors… j’aurai réussi
Je serai juste sorti dans la rue
J’aurai juste marché quelques mètres dehors
Mais ce sera la première fois
depuis six moi.
Mon avis :
Bref roman d’une centaine de pages, « La cabane » est un texte impactant, empreint de la sensibilité d’un adolescent bloqué chez lui, incapable de franchir la porte d’entrée de sa maison. Abordant avec une vraie intelligence narrative le syndrome de la cabane, Ludovic Lecomte délivre un roman captivant autour de ce sujet méconnu. Une perle qui se dévore en deux heures seulement, mais marque indéniablement son lectorat.
Depuis six mois, 187 jours pour être exact, il s’est réfugié chez lui, incapable de franchir la seuil de la porte, ni même de tourner la poignée de celle-ci. Seulement, dans deux heures, il devra surmonter la panique et sortir. Il s’est fixé cet objectif avec sa psychologue. Seul face à lui-même, il se sait néanmoins soutenu : ses parents, d’abord impuissants et perdus ont toujours fait de leur mieux pour l’accompagner. Il lui reste deux heures, le temps d’une introspection, avant de peut-être parvenir à « juste » sortir dans la rue.
Pendant deux heures, le temps d’une lecture, d’un souffle, le lecteur est invité dans les pensées de cet adolescent qui lutte contre son propre corps. Écrit à la première personne, l’angoisse et l’anxiété se dessinent entre les lignes de ce petit roman. Comprendre le syndrome peut-être difficile, mais Ludovic Lecomte parvient à saisir la complexité de la situation avec une narration simple, accessible.
D’abord insaisissable, la cause de cet enfermement personnel se dessine en fin de roman. Mais là n’est pas l’essence de « La cabane ». De même, avoir connaissance de la réussite ou de l’échec du garçon ne constitue pas l’intérêt premier de ce texte. « La cabane » est l’illustration de la vulnérabilité adolescente ; celle qui décuple les sentiments, fait émerger des émotions insoupçonnées et laisse derrière elle l’insouciance enfantine.
Ludovic Lecomte captive. Il s’adapte aux crises de son personnage à travers une plume parfois fluide ou encore ciselée, témoigne d’une belle sensibilité, transcrite dans une forme et un découpage narratifs pertinents. Impossible de lâcher le roman avant de l’avoir terminé. « La cabane » ce sont deux heures de lectures ponctuées de souvenirs, d’appréhension et d’introspection, pour dire la volonté face à la maladie. Une excellente lecture, marquante, qui s’illustre par son unicité !
