« Yellowface », un ouvrage satirique et captivant signé R. F. Kuang

Titre : Yellowface

Autrice : R. F. Kuang

Éditions : Ellipsis

Publication : 2 mai 2024

Genre : Roman Réalisme Contemporain

Thèmes : Racisme, Édition, Appropriation Culturelle

Pages : 336

Prix : 18€90


Résumé :

June Hayward et Athena Liu ont étudié ensemble à Yale, ont déménagé à Washington après avoir obtenu leur diplôme et sont toutes les deux écrivaines, mais les similitudes s’arrêtent là. Athena est une étoile montante de la littérature, et June n’est personne. Après tout, qui s’intéresse de nos jours aux histoires d’une fille blanche aussi banale qu’elle ? Lorsqu’elle assiste à la mort d’Athena dans un accident invraisemblable, June agit donc sans réfléchir et vole le manuscrit que son amie et rivale vient de terminer – un roman sur les contributions méconnues du corps des travailleurs chinois pendant la Première Guerre mondiale. Et si June corrigeait le récit et l’envoyait à son agent comme s’il s’agissait de son propre travail ? Et si elle adoptait le nom de Juniper Song et jouait sur l’ambiguïté de son origine ethnique ? Quelle qu’en soit l’autrice, ce morceau d’histoire ne mérite-t-il pas d’être raconté ? Mais June ne peut échapper à l’ombre d’Athena, et des révélations menacent de faire s’écrouler son succès volé. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour protéger son secret ?


Mon avis :

« Yellowface » est une expérience de lecture des plus déconcertantes. Atypique, ce roman propose une savante mise en abime littéraire, permettant de mettre le doigt sur de multiples sujets essentiels : racisme, appropriation culturelle, plagiat…

R. F. Kuang y explore avec avidité l’univers de l’édition et ses travers. Indéniablement satirique, l’ouvrage développe une narration qui se veut déplaisante. Dirigée par la logique tordue de son personnage principal, « Yellowface » se construit autour de la recherche de pouvoir, de reconnaissance d’une anti-héroïne pleine d’insécurités. Frustration, angoisse, jalousie habitent ce roman réaliste et engagent le lecteur dans un étrange sillon fait de diverses émotions.

Provocatrice et cynique, l’autrice parvient à captiver son lecteur malgré l’aversion qu’elle convoque à travers son personnage principal. Une excellente lecture pour sa visée et sa construction témoignant de l’indéniable maitrise narrative de R. F. Kuang.

Je ressors simplement bouleversée par le génie de l’autrice et j’espère qu’il en sera de même pour tous les lecteurs de « Yellowface » !

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