« James » de Percival Everett, un coup de coeur où cohabitent aventures et réflexions complexes sur le racisme et la liberté

Titre : James

Auteur : Percival Everett

Éditions : L’Olivier

Publication : 22 août 2025

Genre : Roman historique

Thèmes : Aventure, Racisme, Esclavagisme, Voyage, Fuite, États-Unis

Pages : 288


Résumé :

Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d’humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable.
James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne. Ce grand roman d’aventures, porté par les flots tourmentés du Mississippi, pose un regard incisif entièrement neuf sur la question du racisme. Mais James est surtout l’histoire déchirante d’un homme qui tente de choisir son destin.


Mon avis :

Avec « James », Percival Everett s’empare d’une oeuvre fondatrice et controversée de la littérature américaine : « Les Aventures d’Huckleberry Finn » de Mark Twain, en changeant de focale. La narration n’est plus portée par Huck, mais par le personnage de Jim, esclave qui maitrise la langue et la pensée comme nul autre. Percival Everett conserve le caractère picaresque de l’oeuvre de Mark Twain mais insuffle dignité et humanité aux esclaves délaissés dans l’oeuvre originale, s’attachant notamment à offrir un regard incisif sur la question du racisme à travers les yeux d’un héros qui tente de choisir son destin.

Appelé Jim, le héros de « James » est un esclave noir érudit qui vit au coeur d’un État esclavagiste. S’il ne semble pas mener la pire des existences d’après ses dires, il est privé de liberté et appartient à Mme Watson. Lorsqu’il apprend qu’il va être vendu et ainsi séparé de sa femme et de sa fille, il décide de fuir. Sur les bords du Mississippi, il retrouve Huck, qui a pris la fuite pour échapper aux coups de son père. Très vite, Jim comprend qu’il ne pourra revenir sur ses pas, car désormais, il est certainement accusé du meurtre de ce jeune garçon blanc. S’engage un périple peuplé de péripéties où Jim, dans sa quête de liberté, offre au lecteur une aventure unique par ce qu’elle véhicule et transcrit.

Pourvu de multiples niveaux de lecture, « James » s’est révélé être une découverte aussi prenante que stimulante. Avec une pertinence bienvenue, l’auteur renverse les codes, humanise ses personnages principaux, engrosse les personnages blancs de stéréotypes et parvient à interroger des problématiques sombres et complexes. Le roman met en exergue les prémisses du capitalisme américain à travers la valeur mercantile de son héros mais surtout, il interroge avec une approche philosophique le racisme ainsi que la liberté à l’aube de la Guerre de Sécession.

« James » est un roman puissant, dont ils serait possible de parler pendant des heures. Il renverse un récit collectif instauré pour offrir une oeuvre habile, loin d’être manichéenne. Un véritable coup de coeur que je prendrais définitivement plaisir à relire afin de saisir avec le plus d’acuité possible les occurrences à Voltaire, Locke et Rousseau, qui émaillent ce roman d’aventure !

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