Dualité et fuite dans « S’arracher » de Marc Daniau

Titre : S’arracher

Auteur : Marc Daniau

Éditions : Rouergue

Publication : 6 mars 2024

Genre : Roman Contemporain

Thèmes : Deuil, Nature, Chasse, Fuite, Dépression

Pages : 64

Prix : 9€


Résumé :

Lucas se barre et part se perdre dans la nature. Ce n’était pas prémédité, il a juste pris sa Mobylette et il s’est arraché, loin de sa famille. Enfin, ce qu’il en reste… Au même moment, on donne la chasse à une biche et l’animal sent bien qu’on veut l’arracher à la seule chose qui la relie au monde : la nature. Lucas. La biche. Deux trajectoires comme un coup de fusil. Deux trajectoires qui vont se croiser, se percuter et nous livrer leur vérité.


Mon avis :

Texte succinct, construit autour de la dualité de deux voix, « S’arracher » étonne par sa langue, aussi tranchée que portée par une mélancolie désarmante. Un texte atypique, qui prend de court et détonne parmi les parutions jeunesses…

Lucas a pris la route. Sur sa mobylette il affronte la pluie pour s’arracher de ce qu’il reste de sa famille. Au même moment, une biche est chassée. Ces deux trajectoires de fugitifs, aussi haletantes soit-elles, finissent par se croiser et prendre fin…

Marc Daniau s’exprime avec une langue sèche, brisée, pour exprimer le désespoir de Lucas, dont la vie vient de basculer suite au décès de son père qui à décidé de mettre fin à ses jours. Pour s’échapper de l’horreur de son quotidien, il prend la fuite, se laisse porter par le déluge pour aller s’égarer sur la côté, loin de son environnement habituel.

Simultanément, une biche se débat avec la vie, tenant d’échapper aux hordes de chiens lâchés à ses trousses par des chasseurs. De la forêt aux habitations, elle s’ébroue, s’essouffle, se bât pour sauver sa peau. Détresse poétique emplie des sens de l’animal, ces chapitres, bien qu’alarmants, offrent un véritable souffle à la grisaille étouffante de Lucas.

Si il émane des parti-pris puissants de ce court texte, il ne me semble néanmoins pas être des plus accessible pour un lectorat jeunesse. Les thématiques illustrées dans « S’arracher » sont difficiles, survolées et abordées frontalement ; sans filtre… Un court roman qui s’illustre par son rythme, sa plume et son efficacité !

Laisser un commentaire