« Hikikomorie, dans le silence de ma chambre » de Sophie Carquain, lauréat du Prix Mauvaises Graines

Titre : Hikikomorie, dans le silence de ma chambre

Autrice : Sophie Carquain

Éditions : Albin Michel

Publication : 25 Septembre 2024

Genre : Roman Contemporain Adolescent

Thèmes : Santé mentale, Lycée, Deuil, Amour, Famille, Isolement

Pages : 312


Résumé :

Sasha est une hikikomori : comme des milliers de jeunes, cela fait des mois qu’elle n’a pas mis le pied hors de sa chambre, ni croisé un regard. Bientôt, elle fêtera ses 16 ans, mais impossible pour elle de rejoindre sa famille pour déguster le traditionnel gâteau. Que s’est-il passé pour qu’elle s’enferme telle une princesse dans son donjon ? Pour qu’elle ait si peur de sortir ? Comment retrouver la Sasha joyeuse, fêtarde, libre ? Dans sa chambre, Sasha laisse venir à elle les souvenirs, les nouveaux amis, la tendresse. Parviendra-t-elle à reprendre le cours de sa vie ?


Mon avis :

Découvert dans le cadre du prix Mauvaises Graines, dont il est le lauréat, « Hikikomorie, dans le silence de ma chambre » est un roman sensible par les sujets qu’il met en lumière et la souffrance qu’il partage. Avec « Hikkikomorie », Sophie Carmin livre un texte intimiste sur le mal-être d’une adolescente et offre un regard compréhensif sur une pathologie méconnue…

Sasha a 16 ans et ne sort plus de sa chambre depuis de nombreux mois. Elle est une Hikikomorie. A travers une alternance de temporalité, Sophie Carquain souligne l’anxiété, le harcèlement et les événements ayant conduits la jeune femme à ne plus parvenir à passer le pas de sa porte. Car quelques mois plus tôt, poussée par son père, Sasha fait sa rentrée dans un lycée sélectif… Son quotidien bascule, seule la perspective du voyage scolaire à Berlin – au sein duquel elle connaitra le grand amour mais aussi une extreme souffrance – maintient la jeune fille la tête hors de l’eau…

Le roman se construit avec sensibilité, s’étoffe et s’enrichit pages après pages pour offrir un regard touchant sur la pathologie de la jeune femme. Avec intelligence, « Hikikomorie, dans le silence de ma chambre » parvient aussi à rendre compte de la souffrance partagée par les proches. La famille de Sasha est omniprésente, mettant en exergue une dualité complexe : la volonté de comprendre Sasha mais l’envie irrépressible, parfois violence de la faire sortir de son isolement.

Par sa plume et le rythme de sa narration, Sophie Carmin parvient à captiver son lecteur, et ce, malgré l’aspect proche du huis-clos induit par le contexte du roman. « Hikikomorie, dans le silence de ma chambre » est une belle découverte, portée par l’alternance entre présent et flashback, qui offrent un regard constructif sur la situation de Sasha, son renfermement.

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