« Nos destins infinis » de Laura Steven, une romance surnaturelle à l’épreuve du temps

Titre : Nos destins infinis

Autrice : Laura Steven

Éditions : Collection R

Publication : 6 mars 2025

Genre : Roman Fantastique Young Adult

Thèmes : Amour, Ennemies to lovers, Malédiction

Pages : 408

Prix : 19€90


Résumé :

Evelyn se souvient de toutes ses vies. Elle sait que, dans chacune d’elles, elle est tombée éperdument amoureuse d’Arden. Et que, dans chacune d’elles, elle a été assassinée. Avant son dix-huitième anniversaire. Des mains de son âme sœur. Cette fois, le destin l’envoie au pays de Galles, dans une famille unie, avec une petite sœur qu’elle aime plus que tout, mais qui est atteinte d`une maladie mortelle. Gracie a besoin d’une greffe de la part d’Evelyn, dont les dix-huit ans approchent dangereusement. Pour sauver Gracie, Evelyn va vite devoir trouver Arden et le convaincre de l’épargner. Mais surtout, essayer de ne pas tomber amoureuse de lui… à nouveau. Saura-t-elle briser la malédiction et défier l’infini ?


Mon avis :

« Nos destins infinis » est une lecture addictive, à la construction fragmentée entre un passé mystérieux et un présent animé par l’amour. Il s’agit d’un texte dynamique, assemblé autour d’une construction cyclique et d’une romance inextricable qui ne laisse pas indemne… S’appuyant sur ses personnages, « Nos destins infinis » est un roman qui explore d’une façon inédite et subtile le motif narratif ennemies to lovers.

Evelyn approche de sa dix-huitième année et s’apprête à faire un don de moelle osseuse pour sa petite sœur atteinte d’une leucémie. Mais la jeune femme s’apprête aussi à être assassinée… Poursuivie par une malédiction qui semble la dépasser, Evelyn n’a jamais atteint l’âge adulte. À l’aube de son dix-huitième anniversaire, la jeune femme est constamment emportée dans la mort par les mains d’Arden, son âme-soeur… avant de se réincarner. Evelyn connait Arden depuis des millénaires et au gré de leurs réincarnations et retrouvailles, ils sillonnent les civilisations et le monde. Ils entretiennent une relation ponctuée par une passion indéfinissable et une haine impétueuse… Ayant grandit au sein d’une famille aimante au coeur du Pays de Galle, Evelyn redoute l’arrivée d’Arden et ne souhaite qu’une chose : donner sa moelle osseuse afin de sauver sa petite soeur atteinte de leucémie. Seulement, lorsque la jeune femme découvre l’identité d’Arden, il semble être déjà trop tard…

C’est en proposant une nouvelle facette romantique à chacune des réincarnations des personnages que le texte embrasse son caractère inventif et mystérieux. Le motif classique et déjà vu ennemies to lovers acquiert ici un aspect insolite, original et passionnant. Une véritable surprise pour tout amateur de cette trope ! La relation des héros s’avère complexe et est sans cesse renouvelée et questionnée au fil de la narration. Il ne s’agit pas d’une romance « coup de foudre » mais plutôt d’une exploration large de la construction complexe des émotions. Les sentiments d’Evelyn et Arden sont nébuleux et enchevêtrés ; octroyant au texte son intensité et ses nuances. Il s’agit à mes yeux d’un roman éminemment actuel dans sa façon d’aborder le genre et la sexualité de ses personnages. Arden et Evelyn se réincarnent et tombent amoureux, s’attirent peu importe l’apparence, le genre et l’identité de l’autre. Chaque réincarnation est ainsi un tremplin pour l’autrice qui développe, avec simplicité et aisance, des relations fondées sur l’amour de l’autre pour son essence.

Explorant la double temporalité, Laura Stevens parvient à conserver des zones d’ombres et une constante mouvance concernant les liens qui unissent les personnages. Ainsi, l’évolution de l’histoire n’en est que plus surprenante et captivante ! Le roman se façonne donc par ses révélations, ses omissions et les déductions du lecteur. De quoi être incapable de lâcher le livre malgré une narration posée, parfois descriptive. D’autres thèmes forts s’activent à faire de « Nos destins infinis » une excellente lecture ; le deuil y est abordé sous de multiples angles, tout comme le rapport à la langue. Une nouvelle fois, ce sont parfois des détails simplement effleurés par l’autrice, mais ils permettent à la narration de gagner en profondeur et d’activer l’empathie de son lecteur.

Le seul petit point qui me retient de considérer cette lecture comme un coup de coeur est la tombée brutale dans le fantastique. Bien que le fantastique soit inhérent au texte, le dernier quart du roman s’active à justifier l’ensemble de l’histoire part le surnaturel. D’une page à l’autre, le lecteur se retrouve alors propulsé au coeur d’une multitude de révélations engageant une large part de fantastique. Cette immédiateté est à la fois perturbante et excellente car imprévisible. Impossible de voir venir la succession d’événements pensés par l’autrice ! Enfin, la fin est indéniablement touchante. Laura Stevens y replace la romance dans ce qu’elle a de fondamental, de classique et de fort. 

Pour ma part, cette lecture est une excellente découverte qui s’attache à ce qui se fait de mieux à mes yeux dans le genre. Le livre à ce qu’il faut pour surprendre et émouvoir, ainsi qu’une belle rythmique ! Bref, j’ai adoré !

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