Interview d’auteur #1 – Séverine Vidal par Nathan et Chloé

Il y a quelque temps, Nathan (@lesinfoslivres) m’a proposé de l’épauler dans la rédaction de questions pour Séverine Vidal. L’initiative de ce format passionnant, nous le devons à Nathan et je suis heureuse d’avoir pu participer à la rédaction des questions qui vont suivre ! Nous nous sommes jeter corps et âmes le temps d’une après midi dans cette interview, et avons eu la chance d’obtenir des réponses de Séverine Vidal, cette autrice que nous apprécions beaucoup tous les deux.

Avec Nathan, nous vous proposons donc de découvrir qui est Séverine Vidal, sa plume, son métier… Bref, en apprendre plus sur son parcours et son travail en temps qu’autrice mais surtout en tant que personne !

C’est parti !

Bonjour ! Je suis Séverine Vidal, autrice tous azimuts ! J’écris des BD, des romans, des albums, pour tous les âges, depuis dix ans.

Vous abordez souvent le thème de la famille dans vos romans. Pourquoi ? Quels autres thèmes aimez-vous ou aimeriez-vous aborder ?

C’est vrai que je parle souvent de la famille dans mes romans. La famille au sens large, les relations qui se tissent justement sans liens de sang me touchent encore davantage. Je m’aperçois que je creuse souvent ce sillon-là, celui de la transmission, du secret, des relations entre les gens, de la façon dont le groupe (famille, tribu d’amis, voisins) peut réagir pour sauver, aider quelqu’un, celui de la filiation. C’est sans aucun doute lié à ma vie personnelle, à mes rencontres et la définition ouverte que je donne à ces mots-là. La famille, dans mes livres, est plurielle, parfois toxique, parfois salvatrice, drôle, foutraque, bizarre, enflammée ou sage, loin des normes, comme dans la vie. 

J’aborde très souvent aussi le thème (est-ce un thème d’ailleurs ?) du respect de l’autre :  handicap, sexualité, question du genre … et j’aime aborder, même pour les plus jeunes, des questions qui me taraudent au quotidien et qui relèvent plus de problématiques de société, accueil des migrants, chômage, SDF …

« La famille, dans mes livres, est plurielle, parfois toxique, parfois salvatrice, drôle, foutraque, bizarre, enflammée ou sage, loin des normes, comme dans la vie. »

Les personnages de vos livres sont souvent des adultes et des adolescents. Seriez-vous tentée d’écrire du point de vue de ces adultes, ou préférez-vous rester en littérature ado ?

Je me pose rarement la question d’écrire pour les adultes, je crois que je le fais déjà. Mes romans pour ados ou jeunes adultes sont beaucoup lus par des adultes et c’est de leur part que j’ai le plus de retours finalement (profs, libraires, bibliothécaires, parents, journalistes …). Dans « Soleil glacé », les personnages sont de jeunes adultes, et dans « Pëppo », il n’y a qu’un lycéen, les autres sont des adultes qui gravitent autour de lui. Dans Quelqu’un qu’on aime, Luke est un ado en fugue, les autres sont adultes (voire très vieux haha) et on a leur point de vue aussi. J’aime écrire pour mes personnages, auxquels je crois à 100%, et que je suis là où ils m’embarquent.

Seriez-vous étonnée de voir un de vos romans sortir en littérature adulte ?

« Quelqu’un qu’on aime » (Sarbacane) sort l’année prochaine en poche, et dans une collection de littérature générale. Seule changera la couverture, je pense. Et puis, beaucoup de mes BD ne sont pas « jeunesse », mais certains ados les lisent. La frontière entre litté adulte et litté YA est très mince, et sans doute artificielle. 

En fait, j’ai cette année, comme chaque année, des parutions pour adultes (la suite de ma BD sur Dolto par exemple), en ado, ou jeune adulte (« Des Astres », « Soleil Glacé » et bientôt « Son héroïne » chez Nathan), pour les plus jeunes (romans dits « juniors, 9/12 ans : « Nils et le peuple des nuages », ou « Nos cœurs tordus », tome 3) et pour les tout-petits (« Le Manteau », « Le Petit secret », « Les papiers d’Omar » pour France Inter avec Sophia Aram). C’est ça que j’aime, cette diversité, cette ouverture !

« La frontière entre litté adulte et litté YA est très mince, et sans doute artificielle. »

Vos deux derniers romans sont parus en littérature ado, pourquoi vouloir écrire à destination de ce public ?

Si j’écris pour les ados, c’est parce que cet âge me fascine, j’adore être avec des ados, les écouter, leur parler, comprendre leur monde. C’est un âge tellement intéressant à observer, à la fois enthousiasmant et flippant, où tout s’invente, le corps, le langage … 

Est-ce dans le but d’aborder des thèmes plus complexes qu’en jeunesse ?

Mais les thèmes que j’aborde pour les ados, j’en parle aussi avec les plus jeunes. On peut, on doit parler de tout, le ton change, le vocabulaire, l’humour, mais les thèmes peuvent être les mêmes. Un exemple : j’ai abordé le handicap pour les tout-petits dans « C’est le jeu » (éditions La Souris qui raconte), pour les ados (« Nos cœurs tordus »), pour les jeunes adultes (« Soleil glacé »).

Dans votre écriture, qu’est-ce qui diffère entre la littérature jeunesse et la littérature ado ?

Ce qui diffère, bien sûr, c’est la langue. Je ne m’exprime pas de la même façon pour des lecteurs de 19/20 ans que pour des ados plus jeunes. Je suis mes personnages, je relis les scènes dialoguées à haute voix pour savoir si le ton est crédible, spontané. Mes personnages parlent plus crûment en litté jeune adulte. 

Quel est le livre que vous avez préféré écrire/dont vous êtes la plus fière d’avoir écrit ?

J’aime tous mes livres, heureusement ! Mais si je dois en choisir un, là, tout de suite ? 

Spontanément, je pense au roman qui m’a donné le plus de difficultés et qui est reporté à janvier à cause du covid : « L’été des Perséides » (Nathan). Une aventure familiale, que j’ai failli lâcher dix fois ! Une idée de mon frère, une couverture de mon fils, et une écriture sur des années, avec l’aide précieuse de mon mari ! J’y tiens tant. Mais évidemment je tiens à tous mes romans, car comme je l’ai dit : j’aime mes personnages ! Je suis avec eux, vraiment. 

« (…) j’aime mes personnages ! Je suis avec eux, vraiment. » 

Vous avez déjà fait des collaborations avec des illustrateurs pour des albums jeunesses, comment cela se passe-t-il ? Souhaiteriez-vous en faire d’autres, ou collaborer avec des auteurs ? Avez-vous des projets d’écriture dans votre tête ou déjà sur le papier ?

Mes projets sont divers, multiples. Je travaille toujours sur une dizaine de projets en même temps : ceux que je suis entrain de corriger avec l’éditeur, ceux que je suis en train d’écrire, ceux qui mûrissent tranquillement dans me carnets ou dans ma tête, ceux qui viennent de naître, ceux qu’on me commande …

En ce moment, donc : 

Je corrige ma BD sur George Sand (300 planches avec la dessinatrice Kim Consigny, pour Delcourt) avec l’éditeur. J’écris une BD jeunesse d’aventure et d’humour (presque un petit polar) avec un personnage féminin très attachant, autour de questions d’écologie. Je rédige des projets de BD pour les présenter aux éditeurs (une histoire familiale autour d’une photo, entre autres). J’écris les premières pages de la biographie romancée d’une aventurière pour une commande reçue il y a quelques semaines et qui me ravit. Et je réfléchis à des pitchs pour les tout-petits pour une nouvelle collection d’albums. 

Bref, je ne m’ennuie jamais ! Mais j’aime aussi ne rien faire, lire à l’ombre de mes arbres, m’occuper de mes animaux et cuisiner. Je ne travaille pas tous les jours, et aucune journée ne ressemble à la précédente. J’ai beaucoup de chance. Même si, en ce moment, l’inquiétude est là. La situation des autrices et des auteurs est encore plus fragilisée du fait du confinement dont on sort à peine, et de la crise qui se profile, notamment dans les milieux artistiques, durement touchés. 

Et pour finir : LE livre à conseiller à votre lectorat ?

Un livre à conseiller ? 

Pour les grands ados et les jeunes adultes : « Soleil glacé » ! Il est sorti une semaine avant le confinement, et je le croyais mort … Mais il bénéficie d’un beau bouche à oreille et a eu de jolis articles en presse et en radio, il ne s’en sort pas trop mal. J’ai envie de croire qu’il aura une belle vie ! Lisez-le !

Parmi mes lectures récentes, je conseille vivement « Ma vie en chantier » de Peter Fromm chez Gallmeister. 

Merci à vous deux !

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