« Le ghetto intérieur » une histoire de solitude, de silence et de mémoire

Titre : Le ghetto intérieur

Auteur : Santiago H. Amigorena

Éditions : Folio

Publication : 22 Août 2019

Genre : Roman Historique, Contemporain

Thèmes : Guerre, Shoah, Mémoire, Expatrié, Identité, Famille

Pages : 179

Prix : 7€50


Résumé :

Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq en plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire. 
Ce roman raconte l’histoire de ce silence – qui est devenu le mien.


Mon avis :

Un roman percutant par ses thèmes, les infos qui y sont détaillées mais surtout par la retranscription, bien loin de toutes formalités, des sentiments d’un homme coupable et seul. En me plongeant dans ce roman, je m’attendais à être mise à l’épreuve. Très émotive face aux livres, « Le ghetto intérieur » s’est véritablement démarqué et m’a transporté vers une mélancolie et une ambiance de lecture très particulière.

Dans ce roman, nous suivons un homme qui va sombrer dans la solitude et la culpabilité. Alors qu’il semble tout avoir pour lui, Vincente va vivre un enfer en se refermant sur lui même face aux actes sans noms qu’il va apprendre être commis par l’Allemagne nazie. Alors exilé en Argentine depuis 1928, marié à Rosita et père de trois enfants, il vit en sécurité sur une terre qui ne reproche rien à la communauté juive. Sa vie en apparence si paisible va s’effondrer le jour ou il va découvrir les nouvelles noires et inquiétantes d’Europe. Quelques lettres de sa mère, restée à Varsovie, où les droits des juifs finissent anéanti, inquiètent le garçon qui comprends que la femme qui l’a mis au monde va mourir…

Quête d’identité perdue, tentative de comprendre l’incompréhensible à travers des journaux internationaux, Vincente est démuni et ne peu rien faire pour sa mère, coincée dans le ghetto. Un terrible sentiment de culpabilité ronge rapidement le père de faille qui s’isole. C’est difficile à lire, sombre et troublant. Le plus complexe est à mes yeux le regard que l’on porte sur cet homme. Bien loin de vivre le sort attroce des juifs restés en Europe, il n’est pas moins une victime de la Shoah. Un message fort qui au premier abord est difficile à accepter…

C’est à travers les mots de Santiago H. Amigorena, petit-fils de Vincente que le terrible silence, devenu une histoire de famille est transcrit. De plus c’est d’une sensibilité hors norme, car dire le silence et la culpabilité avec tant de justesse n’est pas chose aisée. D’autant plus que la douceur de la plume et de l’ambiance générale du roman contraste fortement avec le sujet sombre qu’il aborde.

Mais ce livre va plus loin puisqu’il interroge aussi l’identité, la langue et l’appartenance à un pays, une communauté… C’est avec intelligence que la réussite, l’exil et l’impuissance se confondent pour offrir un livre court, complexe mais aisément compréhensible. Une belle lecture qui ouvre les yeux sur une période très souvent représenté en littérature, mais rarement abordée de la sorte.

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